The Demon’s Share Pablo’s Reserve : le rhum du Panama qui transforme l’Envie en vertu
Observer ses pairs pour progresser, sans jamais céder à l’amertume : voilà l’idée qui anime ce nouveau flacon. The Demon’s Share Pablo’s Reserve incarne cette philosophie à travers un rhum vieux du Panama dense et maîtrisé. Ce deuxième opus d’une série consacrée aux péchés capitaux succède à Rodrigo, cuvée dédiée à la Paresse. Place à Pablo, et à une Envie transformée en moteur de progrès.
Dans cet article, je détaille la méthode d’élaboration de la cuvée, son profil aromatique complet et son positionnement tarifaire. De quoi juger si ce rhum mérite une place dans votre bar.
L’essentiel en 30 secondes
- Origine & base : Rum de tradition espagnole produit au Panama à partir de mélasse de canne.
- Maturation sous bois : Minimum 9 ans sous climat tropical en fûts de chêne américain rebrûlés.
- Signature aromatique : Alliance de mandarine mûre, de chocolat gianduja, de vanille et de cannelle.
- L’univers de marque : Deuxième opus de la saga, dédié au démon Pablo incarnant l’Envie.
- Tarif & distribution : 45,90 € (flacon de 70 cl, 40 % vol.), distribué par Premium Craft Spirits.
L’Envie revisitée : l’histoire derrière le second opus de la série

L’univers de la marque s’inspire directement du folklore panaméen. Selon le récit fondateur, sept démons gardent les chais de vieillissement installés près d’un volcan. Ils veillent jour et nuit sur les fûts de chêne.
Ces gardiens s’opposent aux anges, qui prélèvent chaque année leur tribut liquide lors de l’évaporation. Les démons conservent jalousement le distillat restant dans le bois. Ils nomment cette part sauvegardée la part du démon.
Pour cette cuvée, le péché capital change de registre moral. L’Envie ne désigne plus une jalousie destructrice. Elle devient une émulation positive, un désir constant de se dépasser. Pablo observe ses compagnons, jour après jour, pour affiner son art.
Cette vision nourrit la précision de l’assemblage final. L’esprit du personnage se reflète sur l’étiquette, ornée d’un visage expressif. Le flacon se distingue immédiatement au milieu d’un bar de dégustation.
The Demon’s Share Pablo’s Reserve
Ambrée dorée, éclatante et lumineuse aux reflets cuivrés.
Mandarine mûre et fleur de mandarinier. Évolution vers un chocolat gianduja soyeux, vanille et chêne toasté.
Attaque veloutée. Le gianduja enrobe le palais, équilibré par la sucrosité de la canne et le zeste d’agrumes confits.
Longue et chaleureuse. Cannelle et épices douces persistantes, portées par des notes de noisette et cacao.
Élaboration au Panama : les méthodes de production de Pablo’s Reserve
Les qualités d’une eau-de-vie reposent sur la rigueur de sa fabrication. Cette cuvée prend racine sur des terres volcaniques particulièrement fertiles. La mélasse de canne à sucre locale sert de matière première.
Ce terroir d’Amérique centrale apporte une belle concentration en sucres fermentescibles. La fermentation profite d’une maîtrise thermique rigoureuse, propice aux précurseurs aromatiques. La matière première conserve toute sa richesse avant de rejoindre la salle des colonnes.
La distillation continue en colonne permet d’obtenir un alcool rectifié très pur. Ce procédé moderne sépare avec précision les fractions indésirables, tout en conservant les esters fruités. Le distillat sort limpide, prêt pour son long repos sous bois.
Vient ensuite la phase décisive du chai, sous climat tropical. Le spiritueux entame un vieillissement naturel de 9 ans au cœur de l’isthme panaméen. Chaleur et humidité accélèrent les échanges entre le liquide et le bois.
La maison utilise exclusivement des fûts de chêne américain rebrûlés. Cette chauffe interne modifie la structure chimique de la douelle. Elle libère des notes de vanilline, de caramel blond et de bois toasté.
Bon à savoir : le défi du climat tropical
Au Panama, la chaleur constante et l’humidité accélèrent l’interaction entre le distillat et la barrique. Ce phénomène entraîne une évaporation annuelle de 8 à 10 % du volume liquide, contre 2 % en Écosse.
En neuf ans de repos, les fûts perdent plus de la moitié de leur contenu au profit de l’atmosphère. Ce tribut thermique explique pourquoi le distillat préservé par les démons présente une concentration aromatique aussi dense.
Profil olfactif : fraîcheur d’agrumes et gourmandise chocolatée

Le séjour prolongé sous bois façonne l’expression sensorielle de cette édition limitée. Servir le rhum dans un verre tulipe permet d’optimiser la dégustation.
La robe se pare d’un ambre doré, brillant et limpide aux reflets ambrés
Le premier nez s’ouvre avec franchise. Des senteurs de mandarine mûre dominent l’ensemble, soulignées par des nuances végétales. La fleur d’oranger vient apporter une sensation aérienne.
Le second nez dévoile un bouquet qui gagne en densité mais en rondeur également. On découvre une trame pâtissière avec des arômes gourmands de chocolat gianduja et d’épices douces.
L’examen gustatif : texture soyeuse et persistance en bouche
À la dégustation, ce rhum se révèle exceptionnellement doux et velouté. La bouche est harmonieuse et équilibrée.
Le gianduja enveloppe le palais dès les premières secondes. La douceur naturelle de la canne à sucre vient l’équilibrer, relevée par l’éclat des zestes de mandarine.
Des notes d’agrumes confits, de vanille et de chêne se déploient avec harmonie. La finale s’étire longuement sur des tonalités chaleureuses. Des réminiscences de cacao noir, de noisette et d’orange amère persistent.
Pablo’s Reserve : prix et positionnement sur le marché
Proposé à 45,90 euros, ce rhum reflète neuf années de vieillissement tropical. Sous ce climat, une part du distillat s’évapore chaque année, ce qui réduit d’autant les volumes finaux, et justifie en partie ce tarif.
S’ajoute à cela un travail d’assemblage minutieux, gage de précision aromatique. The Demon’s Share Pablo’s Reserve se distingue des productions industrielles édulcorées. Il offre une lecture différente, loin des rhums caribéens plus consensuels.
Ce flacon conviendra aux amateurs de profils ronds et chaleureux. Les collectionneurs de séries numérotées y verront une suite logique à la cuvée Rodrigo. Son identité visuelle marquée attire l’œil, sur une étagère comme à table.
Bilan de la dégustation : le verdict sur cette cuvée de 9 ans
Avec ce deuxième opus, la marque confirme sa maîtrise des assemblages équilibrés. La vivacité des agrumes évite ici l’écueil du profil sirupeux. La chauffe du chêne américain apporte la structure nécessaire, sans écraser la gourmandise de l’ensemble.
Laissez reposer le distillat quelques minutes dans un verre adapté. Cette aération permet aux arômes tertiaires du bois de se révéler pleinement.

En résumé : faut-il craquer pour Pablo’s Reserve ?
The Demon’s Share Pablo’s Reserve réussit un pari délicat : transformer un péché capital en argument de dégustation. La mandarine apporte la fraîcheur, le gianduja la gourmandise, le chêne américain la structure.
Ce rhum du Panama s’adresse aux amateurs de rhum ronds et accessibles. Son prix reste cohérent avec neuf années de vieillissement tropical. La bouteille, soignée, trouve naturellement sa place dans une collection ou sous un sapin.
Cette référence enrichit le catalogue de Premium Craft Spirits. Elle confirme la montée en gamme de la collection Demon’s Share, cuvée après cuvée. Reste à savoir quel visage prendra le troisième démon de cette saga panaméenne.
L’abus d’alcool est dangereux pour la sante. À consommer avec modération. Pour réduire les risques, il est recommandé de limiter sa consommation à deux verres par jour maximum par jour et pas tous les jours.
Crédit photos : Mélie K – https://bombastikgirl.com – Tous droits réservés.







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